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Noëls de France : notre crèche provençale, le Ravi, mon mouton

 

Je suis née en France et y ai passé toute mon enfance et une partie de mon adolescence. Les préparatifs de Noël dans ma famille ont toujours été orchestrés par mes parents avec beaucoup de solennité. D’abord, il fallait ériger le sapin de Noël – un vrai sapin, bien sûr- qui me paraissait toujours immense, couvert de glaçons et de givre   blanc pour compenser l’absence de neige extérieure. Une cérémonie qui durait toute une soirée ! Mes trois sœurs et moi tendions religieusement les décorations à notre père sans oser lui suggérer l’endroit où les accrocher. Ensuite, on déployait la magnifique crèche de santons de Provence – nous en avions plusieurs dizaines, mais j’aimais particulièrement le « Ravi ». Ma mère avait peint et chiffonné un papier faisant office de rochers qui surplombaient la crèche! Et nous avions chacune notre mouton blanc que nous pouvions approcher, le soir après la prière, si nous avions été sages. A Noël, pendant la messe de minuit, mon père, qui avait une belle voix de ténor, adorait chanter, en particulier Les anges dans nos campagnes  ou l’Adeste Fideles. Nous l’accompagnions toutes avec ferveur et fierté, avant de rentrer nous coucher en rêvant à tous ces personnages…Dans mon souvenir, Noël était une expérience plus spirituelle que festive ou gourmande.

 

Devenue adulte, j’ai vécu avec mon mari et mes enfants dans des pays tropicaux, le Sénégal, le Brésil, avant d’arriver au Québec. Difficile de vivre Noël, véritablement, dans un pays chaud, loin de la famille, et d’avoir à remplacer le sapin par une branche de bananier ou de filao. Et c’est ici, à Québec, que j’ai retrouvé avec plaisir les rites de mon enfance, l’odeur du sapin et la ferveur des chants !

 

Sylvie Dillard, soprano

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