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Noël congolais : la liesse au mitan de la nuit noire

24 décembre 1972.  Avec un autre couple, nous avons décidé d’aller assister à une messe de Noël « locale » dans un petit village, en pleine brousse, à 20 kilomètres de l’université de Kinshasa (République démocratique du Congo) où nous résidions.

Noirceur totale, aucune  lumière visible si ce n’est celle des phares de notre jeep sur la piste.  Pas un bruit, nous avons quitté la civilisation, seul le chant des grillons nous accompagne dans cette nuit d’encre.  Bientôt, sans encore rien voir, nous savons que  nous approchons du village, des chants lointains nous parviennent déjà de la petite église.

À notre arrivée, nous constatons que l’église est bondée, pleine d’effervescence  joyeuse.  Les femmes portent leurs plus beaux pagnes, les hommes « leur » chemise du dimanche et les enfants courent allègrement partout dans l’église tandis que les « mamas » allaitent leurs bébés dans ce merveilleux désordre.

Puis  la messe commence et toute cette assemblée bigarrée entonne à pleine voix et avec ferveur  des airs de  Noël en français et en lingala, chants accompagnés de tambours et rythmés par le tapement des mains.  C’est la joie, c’est la fête !

Puis à la fin de la messe, après le  « Ite missa est », un dernier chant accompagné des youyous des femmes et de coups de poupous (fusils centenaires hérités du temps de la colonie et chargés avec de la poudre à canon).

L’exubérance est à son comble.  JOYEUX NOËL !

Il nous a fallu quitter à regret  ce village.  Retour dans cette même nuit sombre, mais nos  cœurs émerveillés de cette joie si communicative et de la véritable magie de Noël !

Ce Noël restera marqué à tout jamais dans ma mémoire.

Nadine Vanbellinghen Kinnard, alto

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